|

Appel d’offres plateforme d’affiliation : ma méthode complète (de la décision aux 8 étapes)

AccueilBlogPilotage affiliation

Pilotage affiliation

Appel d’offres plateforme d’affiliation : ma méthode complète (de la décision aux 8 étapes)

⚡ L’auteure

Domitille Desgranges-Lentz

20 ans d’affiliation & influence, ex-WPP, Dentsu

Fondatrice Affil’Great · Spécialiste du pilotage d’appel d’offres plateforme d’affiliation

Tu te demandes si c’est le moment de lancer un appel d’offres sur ta plateforme d’affiliation. Tu hésites entre tout changer, ou juste re-challenger ta plateforme actuelle. Ou tu n’as aucune idée de comment t’y prendre.

Cet article t’explique tout : ce qu’est un appel d’offres plateforme d’affiliation (et ce qu’il n’est pas), quand en faire un, quand surtout ne pas en faire un, à qui le confier, et ma méthode complète en 8 étapes pour le piloter de bout en bout.

Bref, tu repars avec une décision claire : oui ou non, et si oui, comment.

⚡ Ce que tu vas apprendre dans cet article

Définition d’un appel d’offres plateforme d’affiliation (et la confusion à éviter).

8 motifs concrets pour lancer un AO (logiques + psychologiques).

5 prérequis à valider avant de te lancer.

9 situations où NE PAS faire d’AO (pour t’éviter de gâcher 3 mois).

Comparatif des 4 acteurs qui peuvent gérer ton AO.

5 critères pour choisir le bon consultant (avec tests pratiques).

Ma méthode en 8 étapes pour piloter l’AO du brief à la restitution.

La grille de 25 questions à poser aux plateformes.

Les conséquences d’un AO mal géré (cascade financière à 3 acteurs).

C’est quoi un appel d’offres plateforme d’affiliation ?

Un appel d’offres plateforme d’affiliation, c’est quand une marque ou un annonceur décide de remettre en question, de re-challenger sa plateforme d’affiliation actuelle.

Concrètement, la marque se pose des questions :

• Ça fait X années que je suis avec ma plateforme. C’est peut-être le moment de changer.

• Je veux renouveler l’équipe qui gère mon programme.

• Je cherche des fonctionnalités différentes sur une autre plateforme.

• Je veux re-challenger le budget alloué à mon programme.

Et la plupart du temps, le budget alloué à la plateforme d’affiliation peut être conséquent suivant ce qui a été négocié.

Un AO, c’est concrètement quoi ?

Un appel d’offres, c’est le fait de créer un brief, un cahier des charges qui va définir :

• Qui on est

• Ce qu’on attend d’un programme d’affiliation

• Les objectifs liés à ça

• Ce qu’on attend de la plateforme d’affiliation dans son rôle

• Le budget qu’on a pour son programme

• Notre politique actuelle d’affiliation

• Vers quoi on veut emmener le programme

• Le type d’accompagnement qu’on souhaite obtenir

C’est globalement tous les éléments que tu mets dans un cahier des charges, exactement comme quand tu veux faire construire un site internet. Tu mets un certain nombre de prérequis en expliquant bien.

« Plus tu es précis dans un brief, plus tu obtiens des réponses qui vont être adaptées à ta situation et à ton contexte. »

À qui on envoie le brief ?

L’appel d’offres va permettre d’interroger soit l’ensemble des plateformes du marché, soit une sélection. Certaines marques ne veulent pas envoyer leur AO à une plateforme donnée pour des raisons qui peuvent être subjectives :

• Elles ont déjà travaillé avec eux et n’ont pas envie d’y retourner.

• Il n’y a pas assez de marques du même secteur sur cette plateforme. Risque de se sentir isolée et de voir les affiliés surreprésentés ailleurs.

• Marque moyenne, peur d’être un numéro sur les très grosses plateformes.

• Frais de setup annoncés = dealbreaker pour celles qui veulent rester 100% variable.

Le tabou des frais de setup

L’affiliation se veut être un levier où tu payes au variable. Quand il y a des frais fixes (de setup ou mensuels), généralement ça demande aussi d’avoir une autre enveloppe budgétaire.

Les plateformes qui mettent ou non des frais de setup, ça dépend des commerciaux et ça peut changer d’une année à l’autre. Kwanko, Impact, Awin et toutes ces plateformes peuvent avoir des frais de setup, mais ça dépend de la marque, du potentiel et du budget.

• Si la marque a un très gros budget, peut-être qu’il n’y aura pas de frais de setup.

• Si le budget est plus restreint, peut-être que la plateforme va mettre des frais de setup ou des frais fixes de gestion (sinon elle ne sera pas rentable vu le temps passé).

Certaines marques sont même rassurées de savoir qu’il y aura des frais de setup. Elles veulent que l’équipe et la plateforme prennent le temps de bien installer leur programme.

Pourquoi (et quand) faire un appel d’offres affiliation ?

Il y a plusieurs raisons, subjectives et objectives, de déclencher un appel d’offres d’affiliation. Voici les 8 motifs concrets que je rencontre.

1. Tu veux changer de plateforme d’affiliation

De façon logique. C’est le cas le plus évident.

2. Tu veux challenger ta plateforme actuelle, la réveiller, la remobiliser

Quand ça fait un, deux, cinq, dix ans que tu es avec la même plateforme, des habitudes s’installent. Une routine s’installe. Les recherches d’innovation, les animations proposées sont un peu toujours les mêmes. Tu as besoin d’un sursaut.

Détail important : tu n’es pas obligée de changer pour autant. L’AO peut juste servir à challenger ce qui existe.

3. Une nouvelle direction marketing arrive

Elle veut un peu changer toutes les équipes et notamment celles de la plateforme d’affiliation. Elle peut se dire : « Comme moi j’arrive, je vais mettre en place une nouvelle politique marketing. Je vais vouloir changer des choses au sein de mes investissements et de mes leviers marketing. L’AO va me permettre de challenger le modèle existant. »

4. Tu veux revoir tes budgets à la baisse

Une négociation budgétaire est possible quand tu fais un AO. La nouvelle plateforme sélectionnée devra peut-être faire un effort sur ses tarifs pour récupérer une grande marque.

5. Tu veux renouveler l’équipe et le compte manager

Pour avoir de nouvelles propositions, une nouvelle façon de faire en termes d’animation, peut-être aussi donner un second souffle au réseau d’affiliés inscrit. Ou réactiver un réseau d’affiliés qui s’est endormi.

« C’est humain. La plupart du temps, quand tu récupères un nouveau client, tu remets pas mal d’efforts dedans. Après, ça peut un peu baisser. C’est nouveau, on a envie de bien s’en occuper. Après, ça se réendort un peu. »

6. Ta direction te met des objectifs ambitieux

Du jour au lendemain, ta direction marketing peut avoir des objectifs très ambitieux en affiliation. Avant, tu y arrivais tranquillement. Un coup de pression sur les objectifs ou un budget plus réduit peut t’obliger à challenger ce levier qui tournait peinard.

À qui envoyer ton AO : toutes les plateformes ou une présélection ?

Ça dépend des directions marketing. Certaines vont vouloir envoyer à toutes les plateformes du marché. D’autres vont limiter le nombre selon des critères spécifiques.

Le critère le plus structurant : les frais. Certaines plateformes facturent même la réponse à l’AO.

« Il y a des plateformes d’affiliation qui vont dire : « nous, on répond aux appels d’offres mais comme ça demande un gros travail et que ça mobilise nos équipes, on va le facturer ». »

Certaines directions marketing donnent ça comme critère : « toutes celles qui nous facturent l’appel d’offres, on les sort de la participation ».

Le rôle du consultant indépendant

Un consultant comme moi, de par sa neutralité et sa bonne connaissance du marché, peut faire l’AO et faire une présélection avec la marque. Deux configurations possibles :

Présélection a priori : on choisit ensemble les plateformes à interroger selon le profil de la marque (gros acteur = grosses plateformes ; profil spécifique = plateformes alignées).

Défrichage a posteriori : on interroge toutes les plateformes, le consultant trie, shortliste, et présente à la marque pour le choix final.

Est-ce que la plateforme actuelle est au courant ? 3 cas de figure

Cas 1 : intégrée et prévenue

Le contexte est bon, ça se passe bien entre la plateforme actuelle et la marque. La plateforme est prévenue et intégrée à l’AO. Souvent, c’est juste une façon de la remobiliser. La marque, dans sa tête, n’a pas envie de changer.

Cas 2 : exclue d’office

Quand ça ne se passe pas bien, elle est carrément exclue de l’AO.

Cas 3 : intégrée par formalisme, sortie par surprise

Tout se passe bien avec la plateforme actuelle. C’était pour la re-challenger. Et finalement elle est quand même sortie parce qu’une autre plateforme a fait une réponse bien meilleure. Elle est sortie alors qu’elle pensait que c’était une formalité.

« Un appel d’offres, il faut toujours le prendre très sérieusement. Plus la réponse va être détaillée et personnalisée par rapport aux attentes de la marque, plus tu as de chances de remporter ce client. »

À noter : sur des AO, les plateformes peuvent demander un engagement de 1 à plusieurs années avant de re-challenger. C’est éprouvant. On évite d’en refaire un chaque année.

Les 5 prérequis à valider AVANT de te lancer

Avant même de penser à rédiger un brief, il faut valider 5 prérequis. Sans ça, ton AO va mal se passer.

Prérequis #1 : vérifier le contrat avec la plateforme actuelle

« Toujours commencer par regarder le contrat qu’on a avec la plateforme actuelle. »

Dans les clauses, tu peux trouver :

• Un préavis plus ou moins long

• Des indemnités à payer si tu veux changer et migrer tes affiliés

Sois très vigilante. Le contrat peut tout simplement bloquer le lancement de ton AO. Il donne aussi le délai pour pouvoir le faire.

Prérequis #2 : avoir les ressources internes pour gérer l’AO

Qui va s’en occuper ? Il faut une personne en interne qui peut dédier du temps à ça. Même si l’affiliation n’est pas son levier principal, il faut un point de contact capable de :

• Trouver les informations

• Répondre à des questions

• Valider des actions et des process

Prérequis #3 : penser chef de projet (timing & rétro-planning)

« Il faut agir un peu comme un chef de projet. »

Tu prévois un rétro-planning qui tient compte :

• À partir de quand on lance

• Ce qu’on met dedans

• Qui s’en occupe

• Une fois la plateforme trouvée, comment on fait la migration

Anticipe et organise en interne, parce que ça a des conséquences sur les équipes marketing.

Prérequis #4 : équipe décisionnaire présente

Il ne faut pas lancer un AO quand ta personne de référence part :

• Démission

• Congé maternité

• Arrêt maladie

Les équipes marketing décisionnaires doivent être là. Ce n’est pas le moment quand il manque des dirigeants dans l’équipe.

Prérequis #5 : maturité du programme

Ça ne sert à rien de lancer un AO si :

• Tu es sur ta plateforme depuis 6 mois seulement

• Tu es en self-service

• Le levier n’a pas encore été exploré et saturé

• Ton programme est encore en croissance (ventes qui augmentent, affiliés à aller chercher)

💡 Bonus : et si un affilié n’est pas sur la plateforme cible ?

On va le chercher et on l’invite à rejoindre la nouvelle plateforme. C’est pas plus compliqué que ça.

Quand il vaut mieux NE PAS faire d’appel d’offres

Il y a des situations où vouloir faire un AO de plateforme d’affiliation n’est pas une bonne idée. Souvent, c’est lié à un contexte particulier côté annonceur. Je classe ça à 3 niveaux.

Niveau MACRO (contexte entreprise)

1. Instabilité dans l’entreprise

Restructuration de l’équipe marketing ou de l’entreprise. Ce n’est pas du tout le bon moment. Même si tu veux envoyer le signal « on veut faire des économies », faire un AO pour répondre à une situation financière difficile n’est pas la solution. Un AO augmente énormément la charge de travail et entraîne de l’insécurité au moment de la migration.

2. Budget très restreint ou coupure budgétaire

Si tu réduis tes budgets, autant rester avec la même plateforme et contrôler tes budgets à la baisse, plutôt que de changer de plateforme avec tout le travail que ça implique. Ça n’a pas de sens.

3. Expert interne qui part sans passation

Si ton expert affiliation (souvent un traffic manager interne qui gère search, social ads, affiliation) part avec tout l’historique et qu’il n’y a pas de passation ni de remplacement, c’est une période transitoire. Absolument pas le moment de faire un AO.

⚠️ Exception : la plateforme actuelle ne veut plus de la marque

Là tu peux faire un AO, même si la situation n’est pas idéale. La négociation budgétaire sera importante pour retrouver des conditions similaires. Il faut être sûre d’avoir une très bonne équipe en face, motivée pour reprendre même un « petit » client, avec des garanties sur les ressources, sur la recherche de nouveaux affiliés, sur la gestion.

Niveau MEZZO (le programme lui-même)

4. Manque d’expertise interne

Direction marketing ou expert qui n’a pas une grosse expertise affiliation, qui survole le sujet et qui va avoir une interprétation biaisée du programme. Risqué de vouloir faire un AO quand tu te dis « moi je trouve que le programme ne performe pas assez » sans savoir reconnaître les bons réflexes pour vérifier ça.

5. Copinage (raison non rationnelle)

Tu veux faire un AO parce qu’un copain travaille dans une autre plateforme. J’exagère un peu mais ça arrive.

C’est le rôle du responsable acquisition, du CMO, de vérifier les raisons intrinsèques de l’AO. Si les réponses de la personne en charge de l’affiliation sont floues, pas concrètes, manquent de démonstrations chiffrées : attention, mets le holà.

Niveau MICRO (l’opérationnel)

6. Programme en sous-régime mais soignable

Taux d’inactif élevé, 2-3 affiliés font 80% du volume, juste quelques cashbackers et bons de réduction : il y a un vrai potentiel de développement à activer.

« Moi, je propose des audits ou des diagnostics assez rapides qui peuvent donner deux-trois clés sur comment se porte le programme et qui vont donner tout de suite une réponse si oui ou non il faut faire un appel d’offres. »

Parfois, ce n’est pas un AO qu’il te faut, mais juste de l’animation. C’est un travail d’animation et d’optimisation à faire déjà sur ce qui existe avant de se lancer dans un AO.

7. Politique restrictive (refus cashback, codes promo, comparateurs)

Marque très restrictive dans ses critères (que des sites affinitaires). Le volume potentiel est restreint. Changer de plateforme ne change pas ta politique.

8. Programme trop jeune (moins de 1-2 ans)

Si tu as ouvert ton programme il y a 6 mois ou 1 an, c’est encore très jeune.

« L’affiliation, c’est comme le SEO, ça prend du temps. Il faut envisager ce levier comme un levier à long terme. »

Le cas idéal d’AO, c’est quand ça fait plusieurs années que tu as un programme avec les mêmes équipes, que ça tourne toujours de la même façon, qu’il n’y a pas d’innovation. Il faut que ça stagne. Il faut aussi que tes autres leviers paid soient saturés pour envisager de changer.

9. Mauvaise entente avec le compte manager

Avant de lancer un AO, fais un diagnostic externe pour voir ce qui ne va pas. Parfois, il suffit de demander à changer d’interlocuteur.

Beaucoup pensent que ce n’est pas faisable. Mais si tu as une discussion franche avec la plateforme et que tu leur dis : « soit on améliore les choses, tu me changes de compte manager, soit on va partir en appel d’offres », la plateforme fera l’effort.

Une plateforme a plusieurs account managers, souvent organisés en verticales (spécialisés par industrie). Ils tournent.

🎯 Le profil-type qui DOIT faire un AO

Très grosse entreprise.

Budget affiliation entre 5 et 6 chiffres par mois.

Programme installé depuis plusieurs années.

Autres leviers paid saturés.

Stagnation observée.

À qui confier ton appel d’offres ?

Aujourd’hui, sur le marché, plusieurs acteurs peuvent s’occuper d’un AO plateforme d’affiliation. Le déclenchement peut venir de la direction marketing, des achats, de la direction qui change de cap, ou même d’un changement d’agence média.

Voici les 4 acteurs possibles, avec mon avis franc sur chacun.

1. La marque elle-même (direction marketing)

Cas assez rare. La marque a sa stratégie en tête, mais elle manque souvent d’expertise spécifique en affiliation et de temps.

2. L’agence média de la marque

Celle qui gère toute sa stratégie digitale. De plus en plus rare aussi, parce qu’elles n’ont pas forcément les connaissances, l’expertise en affiliation.

3. Un cabinet de conseil généraliste en AO

Souvent spécialisés en AO d’agences médias. Ils ont l’habitude des très gros AO pour permettre à de grandes marques de changer d’agence : passer de Havas à Publicis, à GroupM (WPP Media), ou à Dentsu.

Quand l’AO ne contient pas la partie agence média, ça peut être challengeant pour ces sociétés. Elles ont l’expertise pour créer une structure d’AO et une grille d’évaluation.

« Sur l’expertise affiliation, elles ne l’ont pas. Donc moi, je ne recommande pas forcément de passer par ces entreprises de conseil. »

4. Un consultant en affiliation indépendant

(Comme moi. Je sais que ça paraît subjectif, mais en attendant, c’est quand même le meilleur moyen de s’assurer que la personne 🙂

• Comprend tous les termes techniques liés aux plateformes d’affiliation

• Est capable de challenger les propositions faites par les plateformes

• Est capable de décoder, décrypter, faire un diagnostic des performances actuelles du programme

• Identifie ce qui manque concrètement et doit être intégré dans les réponses

• Trouve les bons critères de sélection de la nouvelle plateforme

« Ça enlève quand même un poids assez important de se reposer sur quelqu’un qui a une expertise. Oui, c’est un coût. Mais ça permet de se reposer entièrement, ça enlève de la charge mentale. Et ça permet d’anticiper, de faire des économies et d’éviter des surcoûts à l’avenir ou même des pertes financières. »

Côté plateformes : qui répond aux AO ?

En général, les plateformes répondent elles-mêmes. C’est soit le directeur commercial, soit le directeur général de la plateforme, soit une équipe dédiée.

Le directeur commercial coordonne les éléments de réponse en interrogeant des account managers qui gèrent ce type de vertical. Il fait la proposition financière, la fait valider auprès du DG. Une petite équipe s’organise pour répondre.

« C’est comme quand tu veux faire une offre commerciale : c’est mieux que ce soit toi-même qui la fasse plutôt que sous-traité. »

Le vrai job côté marque : la LECTURE des réponses

Côté marque, ce qui est important c’est la lecture des réponses. Le benchmark et l’analyse de toutes les réponses des plateformes.

Le critère principal : bien connaître l’affiliation en général pour pouvoir challenger chaque réponse.

Les consultants gèrent la création du brief ET la lecture après. Tu peux faire gérer l’AO de A à Z. C’est même ça qui peut être intéressant. Il faut une bonne connaissance de l’entreprise au départ pour créer le brief, et traiter ensuite les réponses en fonction de ces attentes.

Comment choisir le bon consultant ? Les 5 critères de sélection

Si tu décides de te faire accompagner, voici les 5 critères opérationnels pour vérifier que ton consultant a les bons atouts.

Critère #1 : son parcours professionnel

Combien d’années d’expérience en affiliation ? Et dans ces années, est-ce qu’elle a travaillé en plateforme d’affiliation, chez l’annonceur, en agence média ?

Son parcours indique ses forces et faiblesses potentielles :

• Carrière 100% en plateforme = biaisée sur la connaissance générale d’une stratégie digitale à 360. Aura vu que l’affiliation. Difficulté à faire dialoguer les leviers.

• Agence média = vision globale de la stratégie digitale, intéressante pour un CMO 360. Mais lecture peu affinée, opérationnelle, des réponses d’AO. Trop généraliste ne va peut-être pas aider la direction marketing.

« La culture et l’expertise affiliation, c’est un peu perdu en agence média de plus en plus. Elle a été poussée, déléguée aux plateformes d’affiliation. »

Critère #2 : sa connaissance des plateformes

Avec quelles plateformes a-t-elle déjà travaillé ? Connaît-elle bien l’ensemble des plateformes ? Est-elle capable de te citer 2-3 affiliés connus ?

Critère #3 : sa vision et sa méthode

Pose-lui ces questions :

• Quelle est ta façon de gérer et d’animer un programme d’affiliation ?

• Quelle est ta vision ?

• As-tu des grands principes sur la gestion d’un programme ?

• Comment tu étudies un reporting ? Quels sont les KPIs principaux à regarder ?

• Quelle est ta méthode pour la gestion budgétaire ?

• Comment tu t’adresses aux affiliés et avec quelle régularité ?

Critère #4 : sa capacité technique (test pratique)

Est-elle capable de trouver certaines informations dans une plateforme ?

« T’en as qui disent qu’ils ont travaillé avec toutes les plateformes d’affiliation, mais ils ne sont pas capables d’aller chercher un rapport dans la plateforme. »

Demande-lui 2-3 tests pratiques de recherche d’informations dans une plateforme. Tu verras vite si elle bullshit ou si elle sait vraiment.

Critère #5 : son fit avec ta marque

• A-t-elle déjà travaillé dans ton industrie (beauté, mode, finance, etc.) ?

• A-t-elle déjà géré une marque dans ton univers pour comprendre tes attentes ?

• A-t-elle déjà géré un budget de la taille de ta marque ?

• Quelles seraient ses priorités vis-à-vis de tes attentes ?

• Que mettrait-elle en avant ? Que regarderait-elle en priorité dans les réponses des plateformes ?

📝 Comment utiliser cette grille

Pose ces questions à 2-3 consultants candidats. Compare les réponses.

Le consultant qui passe les 5 critères, prends-le. Que ce soit moi ou un autre.

Si quelqu’un ne sait pas répondre clairement à ces questions, tu sais ce qu’il te reste à faire.

Ma méthode en 8 étapes pour piloter un appel d’offres

On rentre dans le cœur du sujet. Voici comment je pilote un AO plateforme d’affiliation pour mes clients, étape par étape, du premier rendez-vous à la restitution finale.

Durée totale typique : 6 à 10 semaines selon le nombre de plateformes interrogées.

Étape 1 : onboarding avec l’annonceur

On commence par un onboarding avec la marque : c’est quoi vos attentes, c’est quoi vos besoins. On construit le brief ensemble. En parallèle, on tranche : on interroge quelles plateformes ? Soit présélection consultant, soit on interroge toutes et le consultant fait le tri en aval (shortlist avant démos).

Étape 2 : le brief (cahier des charges)

La marque doit écrire noir sur blanc :

• Le contexte : situation actuelle, ce qui a été fait, ce qui est projeté

• Les attentes vis-à-vis de la nouvelle plateforme

• L’ADN de la marque, où elle en est

• Les objectifs et attentes vis-à-vis de l’affiliation

Pourquoi elle veut changer (sur des critères objectifs)

• Son budget

• Les autres leviers paid (notamment si politique CSS / Google Shopping)

• Si l’affiliation va s’ouvrir à l’influence à la performance

• Les critères d’affiliés (interdictions : cashbackers, codes promo, CSS sur la marque, etc.)

• Les outils mis à disposition

• Un descriptif détaillé du programme actuel

« Il faut que les plateformes en lisant ce brief aient l’impression de déjà connaître la marque, comme si elles avaient déjà travaillé avec. Comme si on formait un stagiaire, voilà ce qui se passe, voilà comment ça fonctionne, voilà notre ADN. »

Tout cet effort dans le brief facilite le travail et permet d’obtenir les réponses les plus personnalisées possibles.

Étape 3 : construire la grille de questions et critères

Soit tu listes les questions, soit tu en fais une grille de sélection avec notation. Les questions et critères vont ensemble : plus une plateforme a de bonnes réponses, plus elle a de points. Classement final automatique.

La grille complète des 25 questions à poser arrive plus bas dans cet article.

Étape 4 : sélection des plateformes à interroger

Soit on interroge toutes les plateformes du marché, soit on fait une présélection raisonnée selon le profil de la marque (taille, vertical, budget, frais accepté ou pas, etc.).

Étape 5 : envoi du brief avec deadline

On diffuse le brief à toutes les plateformes retenues avec une date limite de remise des présentations.

Étape 6 : organisation des démos

Tu définis dans ton brief les mêmes critères de présentation pour toutes les plateformes. Sur des gros AO, je recommande cette structure de démo :

Introduction par le directeur général : présente la plateforme en général, présence à l’international, équipes, qui incarne la plateforme

Démo par le directeur commercial : atouts des fonctionnalités, ce qui distingue la plateforme

Petit laïus du compte manager qui serait en charge du programme, IMPORTANT

« Plutôt que de l’écrire dans un document, présenter cette personne parce qu’il faut que ça matche avec la marque. Il faut qu’elle se vende, qu’elle dise pourquoi elle a envie de gérer ce programme et comment elle l’envisage. Quelle est sa façon de travailler. Ce sont des critères subjectifs qui font passer l’humain dans les critères de sélection, ULTRA important. »

Étape 7 : lecture, scoring et délibération

Période de décision : 15 jours à 1 mois selon le nombre de plateformes interrogées. C’est là que le consultant gère la lecture des réponses, le scoring, la délibération.

Quand le consultant gère, il présente ensuite un rapport à la marque : « Voilà la sélection que j’ai faite, voilà ce qu’il faudrait selon moi choisir en 1er, 2ème, 3ème. » Puis brief avec l’annonceur pour débattre et choisir.

« C’est aussi intéressant de déléguer cet appel d’offres parce que ça permet de confronter ses idées, challenger ses propres idées, voir des choses qu’on n’avait pas forcément vues en interne. »

Étape 8 : restitution de la décision (en visio aux plateformes)

« Je pense que c’est important de rendre la décision en visio en expliquant pourquoi. Parce que les plateformes ont passé du temps à travailler, il faut être professionnel et rendre la réponse. »

Puis on enchaîne sur la migration vers la plateforme retenue. Sujet à part entière qu’on couvre dans cet article dédié.

La grille des 25 questions à poser aux plateformes

Voilà la grille de questions que j’envoie aux plateformes dans le cadre d’un AO. Tu peux la copier telle quelle pour ton propre brief.

Le réseau d’affiliés

• Quel est le nombre d’affiliés sur votre réseau ?

• Comment vous gérez quand il y a un taux d’inactivité affiliés supérieur à 50% ?

L’onboarding & l’accompagnement

• Comment est gérée et onboardée une marque qui arrive sur votre plateforme ?

• Quelle assistance pour les tests de taggage au début (tests techniques) ?

• Comment vous réduisez les tâches chronophages dans la gestion du programme pour limiter le temps passé côté annonceur ?

Les fonctionnalités distinctives

• Quelles sont les fonctionnalités phares qui vous distinguent ?

• Comment vous innovez pour rester compétitifs sur le marché ?

Les ressources humaines dédiées

• Quelles ressources allez-vous mettre en place pour mon programme ?

• Vais-je avoir un account manager dédié ? Deux ?

• Profils de ces personnes, donnez-nous un mini-CV

• Ont-ils déjà travaillé dans notre univers / thématique ?

La cohabitation / concurrence

• Avez-vous des concurrents dans votre plateforme ?

• Comment vous gérez cette cohabitation ? (on peut demander un NDA)

La fraude & la qualité du réseau

• Quelle est votre politique de gestion de la fraude ?

• Avez-vous une équipe dédiée au relationnel affiliés (publishers) ?

• Quel temps est alloué pour trouver de nouveaux affiliés ?

• Vos recommandations pour animer un programme comme le nôtre ?

L’IA

• Comment vous intégrez l’IA ? (optimisation des programmes, détection de fraude, nettoyage du déclaratif des affiliés…)

Les outils mis à disposition

• Quel accompagnement pour optimiser les outils mis à disposition des affiliés (notamment les flux produits) ?

• Quelle politique de capping / limitation de diffusion des codes promo ?

• Reportings exportables ? Reportings personnalisés avec indicateurs spécifiques de la direction marketing ?

La politique commerciale

• Quelle politique d’annulation des ventes ?

• Process pour faciliter l’annulation côté annonceur ?

La vision et le positionnement

• Selon vous, c’est quoi le rôle d’une plateforme d’affiliation par rapport au responsable d’affiliation côté annonceur ? Et par rapport à un consultant externe ?

• Qu’est-ce que vous êtes capables d’apporter de différent par rapport aux autres plateformes concernant notre marque ?

Les conséquences d’un appel d’offres mal géré

Si tu te demandes pourquoi je suis si insistante sur la méthode et le choix du consultant, voilà ce qui se passe quand un AO est mal géré. C’est la preuve par les conséquences.

Qu’est-ce que ça veut dire « mal géré » ?

• Critères de choix flous au départ, pas bien exprimés, qui ne collent pas aux besoins de la marque

• Brief pas clair

• Plateformes qui répondent à côté

• Plateforme finale choisie qui n’a pas compris les attentes ou ne met pas les ressources

Côté marque : la cascade financière

Pendant la période de transition / migration, il peut y avoir de la déperdition de focus sur les affiliés. On les délaisse pour s’occuper d’une migration qui accapare techniquement (vérifier qu’on track à nouveau bien tous les événements).

Quand on délaisse les affiliés, on peut avoir une baisse des revenus sur la plateforme sortante. Tant que la nouvelle plateforme n’est pas activée, ce n’est pas compensé. Donc il peut y avoir une perte de revenu.

Autre risque : un mauvais casting de nouveaux affiliés qui rejoignent la nouvelle plateforme. Ça génère de l’incompréhension, des affiliés qui partent parce qu’ils ne comprennent pas.

Conséquences sur l’image de marque de l’annonceur, répercutée sur sa réputation auprès des affiliés et de l’affiliation en général.

« Ça peut engorger les équipes marketing qui n’avaient pas prévu de passer du temps là-dessus et qui finalement sont là à devoir éteindre des feux. »

Côté affiliés : la victime souvent oubliée

« C’est les affiliés qui vont payer un peu le prix. »

Ils sont délaissés pendant la migration, ne comprennent pas ce qui se passe, et finissent par partir.

Côté plateforme entrante : manque à gagner

Si ça ne se passe pas bien :

• La marque se désengage ou n’est pas réactive pour fournir les éléments

• La plateforme est décrédibilisée parce qu’elle ne livre pas ce qu’elle avait promis en ressources

• Les affiliés délaissent le programme

Perte financière en cascade : pour les affiliés, pour la plateforme, pour la marque

⚠️ Warning aux plateformes qui lisent cet article

Ne faites pas une réponse lissée en proposant des choses que vous ne pourrez pas honorer.

Des promesses que vous ne pourrez pas honorer, parce que ça sera déceptif. Contre-productif et pas rentable ni pour la marque ni pour la plateforme.

Voilà pourquoi un AO doit être pris très au sérieux par la marque ET par les plateformes dans leur réponse. Et voilà pourquoi se faire accompagner par un consultant qui sait ce qu’il fait, c’est un investissement et pas un coût.

FAQ Appel d’offres plateforme d’affiliation

Combien de temps prend un appel d’offres plateforme d’affiliation ?

Du brief à la décision finale, compte 6 à 10 semaines selon le nombre de plateformes interrogées. Auquel s’ajoute la phase de migration vers la plateforme retenue (2 à 4 mois selon le préavis contractuel).

Combien coûte un appel d’offres plateforme d’affiliation ?

Si tu gères en interne : le coût est en temps (compte plusieurs semaines de mobilisation marketing). Si tu te fais accompagner par un consultant indépendant : le tarif varie selon le périmètre (de l’audit préalable à l’accompagnement complet brief + lecture + migration). Échange avec moi pour un devis adapté à ton cas.

Est-ce qu’il faut prévenir la plateforme actuelle qu’on lance un AO ?

Ça dépend du contexte. 3 cas : (1) intégrée à l’AO si le contexte est bon, souvent juste pour la remobiliser ; (2) exclue d’office si la relation est cassée ; (3) intégrée par formalisme mais peut être sortie par surprise si une autre plateforme fait une bien meilleure proposition.

Peut-on changer d’account manager sans changer de plateforme ?

Oui. Beaucoup pensent que ce n’est pas faisable. Si tu as une discussion franche avec la plateforme, « soit on améliore les choses, tu me changes de compte manager, soit on part en AO », la plateforme fera l’effort. Une plateforme a plusieurs AM organisés en verticales, ils tournent.

Combien de plateformes faut-il interroger dans un AO ?

Ça dépend de la stratégie. Soit tu interroges l’ensemble des plateformes du marché et tu fais le tri en aval. Soit tu fais une présélection raisonnée (3-4 plateformes) selon le profil de ta marque. Plus tu en interroges, plus le travail de lecture est lourd.

Est-ce que les plateformes facturent leur réponse à un AO ?

Certaines plateformes facturent leur réponse à un AO parce que ça mobilise leurs équipes. C’est devenu un critère discriminant : certaines directions marketing excluent d’office les plateformes qui facturent l’AO de la participation.

Quels sont les profils de marques qui ont vraiment besoin d’un AO ?

Les très grosses entreprises, avec un budget affiliation entre 5 et 6 chiffres par mois, un programme installé depuis plusieurs années, des autres leviers paid saturés, et une stagnation observée. En dessous de ce profil, un audit + un travail d’animation suffit souvent.

⚡ L’auteure

Domitille Desgranges-Lentz

20 ans d’affiliation & influence, ex-WPP, Dentsu

Fondatrice Affil’Great · Pilotage d’AO plateforme affiliation de A à Z

Tu hésites à lancer ton AO ?

Audit Express Affiliation

450€ HT · 2h

Avant de risquer 3 mois sur un AO, fais un diagnostic. Tu repars avec la réponse claire : oui ou non, AO ?

Pilotage AO de A à Z

30 min · gratuit

Brief, lecture, démos, restitution, migration. Je gère tout. On en parle ?

Madame Affiliation

20 ans dans l’affiliation et l’influence à la performance. Ex-WPP, Dentsu. Fondatrice d’Affil’Great. DM LinkedIn ouvert →

Publications similaires